08.12.2005

Une rencontre

Dents brossées, ongles coupés et limés en arondi; aiguise tes yeux ma beauté car je viens de m'empaler sur ton regard; obstination : je volerais ton ame. Je cherche une coupe à boire, un bain à prendre, une écharpe à enrouler autour de mon cou. Je veux attraper le mal d'amour, vivre à nouveau; celui que l'on trouve dans la relation. La fatigue pèse sur mes paupières. Dans la tasse qui me réchauffe les doigts, le café noir tourbillonne. Envie de cracher. Dans la salle d'eau: Je m'évertue à plonger mes cuisses et mon sexe dans l'eau chaude du bain. La sensation de brulure descend en fourmille jusqu'à mes orteils. Un pur moment de béatitude. Le sabot de cette minuscule baignoire barre mon dos d'une ligne rouge de flotaison. Et si je me noyais? Il faudrait en avoir les moyens sanitaires! Elle est perchée sur deux longues jambes; Pouliche nerveuse à la crinière souple couleur feuille d'automne. Rousseur sur les joues et l'échine vibrante aux passages des brides de ma conversations. C'est une paramécie; une oreille odorante, un oeil qui écoute. Je la guettais, manipulais à distance sa fougue, lui criais au nez des mots doux, lui mordais les doigts. Les chattes en chaleur calinaient puis griffaient. Mon imaginaire projette toutes ses images sur la peau diaphragme qui recouvre mes globes oculaires. A l'évidence le bain ne m'a réveillée qu'à moitié. Je reve, mon index badine entre mes cuisses.

Navire englouti: mes filets remontent à la surface et trainent leur langueur vers un rivage incertain. Pas d'échouage mais un accostage équestre et sous marin si inattendu que ma belle chevelure a chaviré. La singularité de ses hanches, la ganache friponne, l'élancement de sa silhouette, le poitrail discret mais présent, je venais de capturer un remède de cheval! Comment ménager ma nouvelle monture, ingurgiter un tel breuvage, gouter l'écume de ses naseaux? L'excitation laissa place à la réflexion stratégique. Pourquoi me nargues tu? Que veux tu? Je suis la cavalière des abimes, l'obsession de t'envelopper dans mes pièges me dérange, trouble mon sommeil de pensées insensées. Je suis la ligne de partage des eaux; d'un coté l'inconnue, sa peau, une autre façon d'embrasser, d'entrer en contact avec moi et de l'autre coté la stabilité boulversée. J'ai envie de lui parler ou plus précisement de l'interrroger pour tenter de la connaitre, de mesure sa volonté relationnelle et surtout son innocence et sa pureté intentionnelle. L' occasion d le faire transit ma parole, rétrécit mon champ actif. je n'ose pas enter en contact par peur de déception. Et voilà une rencontre encore ratée!

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