10.08.2006
La rencontre des solitaires 1
LA RENCONTRE DES SOLITAIRES : LA RENCONTRE DES SOLITAIRES : UNE NOUVELLE SOCIETE Je m'adresse à vous, parce que vous êtes toujours prêts à écouter. M'entend qui veut...
Prologue : A la recherche des miens.
« Nécessairement, nous avons dû nous rencontrer, dans cette similitude de caractère ; le choc qui en est résulté nous a été réciproquement fatal. Alors, les hommes relèveront peu à peu la tête, en reprenant courage, pour voir celui qui parle ainsi, allongeant le cou comme l'escargot. Tout à coup, leur visage brûlant, décomposé, montrant les plus terribles passions, grimacera de telle manière que les loups auront peur. Ils se dresseront à la fois comme un ressort immense. Quelles imprécations ! Quels déchirements de voix ! Ils m'ont reconnu. » LAUTREAMONT.
Connaissez- vous l'histoire ? Non, et bien je vais vous la conter. Il y a les maîtres du jeu: les gouvernements, les vieux, et oh désespoir ! trop de jeunes. Ils n'ont qu'une stratégie: nous (qui nous?) faire croire que nous sommes les acteurs de l'aventure dont ils sont seuls à pouvoir déterminer le dénouement. Ils excellent dans leur rôle. Ils n'ont qu'un mot d'ordre : dis- moi qui tu es, ainsi nous saurons à quoi nous en tenir. Ils nous ont coupés les ailes. Ces maîtres du jeu ont les canines qui poussent, et ne montrent leur vrai visage, qu'à la nuit tombée. Ils sont perfides et aimables. Ils sont presque humains. Ils bavent de plaisir lorsqu'on crie - solidarité - tous pour tous. Ils rient, car ils savent que l'unité est absente. Celui qui se lance voulant devancer finit par être seul à penser. Il ne prend plus d'avance car il ne pense qu'à lui ; l'avance n'existe plus si les autres sont exclus. Sucer ou être sucé la est la question... Ecoute cette prophétie si tu veux devenir mon ami... Devenons les vampires du jour et de la nuit. Assumons notre fonction, même si cela ne correspond à rien au fond de nous même. L'important pour les autres c'est ce qu'ils attendent de vous, l'idée qu'ils se font de votre personne! Et tôt ou tard l'idée qu'ils se font de vous, vous baise irrémédiablement, résister devient de la folie pure, la révolte devient mal reçue comme un acte de terrorisme contre la collectivité. Faisons beaucoup plus que du terrorisme.
SUCONS ENSEMBLE MON AMI!!! Sinon, je vais finir par me sucer moi même, difficile gymnastique et merde les vampires ne bandent pas, c'est bien connu ! SUIS-JE UN VAMPIRE ??? Le doute m'assaille. Aide moi, ami! Ensemble nous vaincrons. Nous sommes coupés de ceux qui rampent. Profitons de la hauteur, pour regarder ce qui se passe en bas. Ensemble, mon ami, nous pourrons boucher ce trou béant qui attire à lui la surface entière de la terre. JE VOIS LE TROU...LE TROU... et la toile qui l'obstrue. « Je finirai par révéler vos cachettes : c'est pourquoi je vous ris au visage, de mon rire des hauteurs. C'est pourquoi je déchire votre toile sales tarentules, afin que votre rage vous fasse sortir de votre caverne de mensonge et que votre vengeance apparaisse derrière vos paroles de justice. Car il faut que l'homme soit délivré de la vengeance. » NIETZSCHE.
Il y a une épreuve à subir dans cet endroit, encore une épreuve, ce monde est un tissu d'épreuves. Le refuge dans l'oubli...la solitude ne résout rien, alors on rencontre les autres, et les emmerdes recommencent...Ils s'agitent en tout sens en bas, alors que le trou est là toute prêt, attendant. Stoppons l'hémorragie cérébrale. Vous avez saisi, ressaisissez vous!! POURQUOI COURIR? POURQUOI PAS? S'ARRETER C'EST MOURIR PLUS TOT...ALLONS Y!! Unissons nous, construisons nos cathédrales...Non je m'intéresse à n'importe qui excepté : les autres ! Ah! Quand je m'écoute au lieu de danser, je sens que je ferais mieux d'apprendre à laisser aller, tomber... Mais je sens un pouvoir nouveau s'éveiller en moi. Le sens-tu ami ? L'arme absolue contre la connerie...
« JE TE FRAPPERAI SANS COLERE ET SANS HAINE. Comme un boucher, comme MOISE le rocher Et je ferai de ta paupière pour abreuver mon SAHARA, jaillir les eaux de la souffrance. Mon désir gonflé d'espérance sur tes pleurs salés nagera comme un vaisseau qui prend le large. NE SUIS-JE PAS un faux raccord dans la divine symphonie. Que m'arrive-t-il ? Elle est dans ma voix, la criarde, c'est tout mon sang, ce poison noir ! JE SUIS LE SINISTRE MIROIR ! JE SUIS LA PLAIE ET LE COUTEAU ! JE SUIS LES MEMBRES ET LA ROUE ! LA VICTIME ET LE BOURREAU ! JE SUIS DE MON COEUR LE VAMPIRE, UN DE SES GRANDS ABANDONNES, AU RIRE ETERNEL CONDAMNES, ET QUI NE PEUVENT PLUS SOURIRE... » BAUDELAIRE. Les signes se multiplient devant mes yeux. Je ne suis plus seul à apercevoir leur terrible laideur. Ils sont visibles pour tous. Regarder mes amis, ne détourner plus la tête... Le temps se rapproche. Notre temps va venir. Les blessures que nous infligeons et que nous portons, Connaissent et revendiquent notre existence. Bientôt, nous n’aurons plus besoin de ces artifices Pour EXISTER. Une doctrine s'est répandue: Tout est vide, tout est égal, tout est révolu! Je t'avertis, si tu crois qu'il te poussera des ailes, à la dernière minute, tu te trompes de chute et tu finiras par crier à l'aide sans aucun remède pour reprendre la lutte. Il sera trop tard. Une doctrine s'est répandue. Un de ceux qui la colportent m'a parlé : - Vous êtes trop jeune et trop pure, vous apprendrez à tempérer vos sentiments, ne vous mutilez pas, c'est de l'inconscience! - La pureté tempérée n'est plus de la pureté. La mutilation est conscience de l'angoisse de l'existence. La blessure freine la passion. Le feu sacré de la destruction n'est pas prêt de s'embraser, mais ne t'avise pas de marcher sur ses cendres. Notre tour est venu. Je reconnais les miens : Ils ont ouvert les yeux, les autres ne s'accordent pas le choix. Ils sont aveugles ou aveuglés, tant pis pour eux! L'heure n'est plus aux nouveaux fracas. Il n'y a pas de génies : que des humains et quelques dragons. « Oui, je vous surpasse tous par ma cruauté innée, cruauté qu'il n'a pas dépendu de moi d'effacer. Est - ce pour ce motif que vous vous montrez devant moi dans cette prosternation ? ou bien, est-ce parce que vous me voyez parcourir, phénomène nouveau, comme une comète effrayante, l'espace ensanglantée! » LAUTREAMONT. Il est presque temps, mes amis... Ecoute venir l'heure la plus silencieuse. Voici la doctrine : tout est sans pouvoir c'est le pouvoir de l'éternité beauté elle nous empoisonne elle étouffe notre vie. Apprenons dans le silence, à connaître le mal, politique, aveugle, sourd... Demain, ensemble, nous les rescapés, d'anciens courtisants nous deviendront nouveaux prophètes. VOS ENFANTS ECOUTERONT DITES - LEURS LA VERITE DEMASQUEE.
Je ne peux vous conseiller, pour le moment, que de rester cacher. Je sais vous reconnaître. Il n'est pas besoin de vous découvrir inutilement. Une balle, après trois petits ricochets, pourrait vous atteindre. SUPPORTEZ LA SOLITUDE APPRENEZ, APPRENEZ, APPRENEZ, APPRENEZ............. Nous sommes entrés dans le temps de l'expérience. Notre silence est fructueux. Demain, on entendra notre hurlement. Aujourd'hui nous apprenons. Pour connaître l'eau du puits, il ne suffit pas de se pencher, il faut se mouiller. La surface est comme un barrage de miroirs, qui ne reflète qu'un visage, le tien. Si tu veux connaître, apprends d'abord à contrôler ta respiration, et le reste de ton corps; car tout est subordonné au corps. Apprends aussi à aimer comme tu hais. Si tu veux toujours... Alors, lorsque tu seras prêt, plonges dans le puits. Attention, toute tricherie, toute curiosité, entraîne la mort. Nombreux, sont les faux- courageux, les hypocrites nihilistes, les aveugles, qui ne sont jamais remontés. Les faux- cul auront la vie sauve, s'ils arrivent à tromper les fauves. Amis des savanes, préparons nous à la cruauté. Le rat d'égouts se transforme en un félin assoiffé de sang. Une fois à la surface, tu seras de ceux qui se reconnaissent et s'évitent. Ceux qui entendent. Solitaires mais unis. Tu ne pourras plus t'empêcher de parler, car tu auras appris la solitude, et le silence. Lecteur ne croîs pas qu'il parle pour briser le silence et la solitude, dans laquelle il a baignés !! Il parle et reste farouche envers ceux qui ne vivent que d'abandon. Il sait l'homme condamné à n'être que de la poudre aux yeux. Il sait qu'il n'est plus seul. Mais je m'égare...- ami lecteur ! Ne subit pas passivement mes divagations.- J'attends de toi que tu me montres le chemin que tout le monde suit : le chemin qu'il me faut emprunter sinon je renie ce corps qui m'enveloppe. Je ne donne pas cher de ma chair... Ami dévoreur de chair et buveur de sang, la Révolution est aussi proche qu'elle est inévitable! LE SANG COULERA L'avenir aura la couleur du crépuscule flamboyant. A toi de créer l'aube du lendemain. Connaissez vous l'histoire de demain? Non et bien, nous allons la créer. - merci de me montrer le chemin !! -
Chapitre 1. L'ART DE VIVRE DANS LE PARADOXE LE PARADOXE DE L'ART DE VIVRE.
« Le courage risque sa courageuse vie, au nom de la vie. » JANKELEVITCH
Lorsque plein d'espoir, et de saine rage, j'ai diffusé le prologue de la rencontre des solitaires, je fis une folie. Ma blessure consiste en ceci que je n'ai pas entendu une seule réponse, pas même un souffle de réponse... Où se cachent mes compagnons de route ? Crier la délivrance sur la place publique, ne sert qu'à faire cligner des yeux quelques peureux ou autres défenseurs de l'égalité. Parler à tous est moins prolifique que de crier dans le désert. « Que m'importe la place publique et la populace et le tapage de la populace et les longues oreilles de la populace. » NIETZSCHE
Ami, m’entends- tu ? Ami apprends de moi ceci : sur la place publique personne ne croit à nous. Il faut feindre de vivre comme eux. Il faut les devancer dans leur curiosité malsaine. Il t'appartient de te construire méprisable et solitaire : voilà les conditions maîtrisées d'un être en devenir. Il ne faut jamais te relâcher et toujours te construire. Avant de créer l'heure de demain, exerce toi à créer ce que tu es... Sois, et la foule acclamera le héros. Sois, la liberté t'appartient. Sois, car il est tant que l'homme se fixe un but. C'est parce qu'en apparence tu es trompeur (on peut tromper mais on n'a pas le droit de démolir les gens.) menteur et vil qu'ils se méfieront de toi, qu'ils refuseront ton amitié. C'est à cause de ces mêmes apparences que d'autres te reconnaîtront. AMIS CREATEURS !! L'HEURE DU RASSEMBLEMENT EST PROCHE. Hier une vieille âme m'a saoulé de son fiel. Je me demande s'il est possible de vivre, s'il on sait l'attention que les autres nous portent. Si l'on sait que celle-ci est égale à la notre. Les autres me fascinent, c'est vrai. Mais cette fascination ne durera que le temps du grand rassemblement ; plus le temps me déchire, plus je doute que nous soyons nombreux, le dernier jour de l'hypocrisie. La curiosité est une lame à double tranchant : Le contact des peaux est dangereux, c'est pour cela que ceux de notre espèce, ne peuvent sans passer ;
C'est dans une patiente fréquentation de l'homme qu'on prend conscience de la dimension humaine. Soudain le doute me saisit... MISHIMA vient à moi, ébranle mon doute. « Dans les théâtres ils discutent des blessures de l'art. Moi j'ai choisi de porter et de vivre mes blessures. Ma peau était si blanche que tu n'as pas pu t'empêcher de la couper. A ce moment, j'ai compris ce que c'était d'exister. Je n'ai plus besoin de miroir. J'existe. » MISHIMA L'art est au suicide ce que l'amour est au meurtre. L'amour est un conflit qu'il est impossible de gagner. On croît pouvoir par d'ignobles moyens arriver à passer cette barrière épidermique. Mais on se trompe... Ami, je désespère de souffrir. Ami, lis donc la vie de ton compagnon. Voici l'exemple à ne pas suivre ou à imiter : à toi de te faire..!! Qu'est ce que la relation que j'entretiens avec l'homme? Peut on vivre sans aimer? Qu’est ce qu'aimer?
Les fers qui t'emprisonnent viennent de céder sous la pression, délicieuse pression de mes dents. Je croise et décroise au dessus de toi mes muscles curentés. J’entends ce gémissement de liberté et d'existence. J'enfonce mes ongles là où ta peau blanche saigne. Je m'exécute sous tes yeux dont la noirceur s'est à présent ouverte. Je goutte cet étrange mélange qui me nargue. Je ressens pleinement ce choc dangereux de l'amour et du sang. Sucer ou être sucé !! Je me laisse aller à tes étranges rites. J'existe, je le sens. POUR COMBIEN DE SECONDES ? Tu me tailles les lèvres pour la douleur révélée du baiser. J'apprends par mes douleurs l'éphémère cuirassé. J'applaudis tes souffrances. Je n'ose plus m'arrêter. Bannir le filtre. Plonger dans ta réalité imperceptible. Ingurgiter ton existence libérée. Oh désespoir ! La communication a ses limites que la raison n'a pas. La sensation corporelle exploite et rumine des accès. Ma faiblesse -à quel horrible mot- s'échappe vers l'autre. L'hiver et ses lumières favorisent les épanchements. Poussifs et maladifs les écœurements se déplacent de moi à l'autre. La sensation de se décomposer m'est toujours désagréable. J'existe pour l'autre. J'existe par l'autre. La menace perturbe mes sens. A l'inverse la rotule favorise la merveille du cercle. Le cercle entoure le silence du travers et encore sans vraiment distinguer. Peut être est-il impossible de s'encercler ? Peut être pas ? Ami, quel est ton degrés d'existence? Ami, je suis fier de t'entendre exister : tu existes, j'existe, dans le moment, éclatant d'une suprême blancheur la noirceur d'une réalité qui n'est pas de notre temps, qui n'est pas à nous, qui nous fait gerber... Heureusement, nous n’aurons qu'une vie à supporter cela. Existence ? Deviendrai-je existentialiste ? Il est vrai, l'homme est indéfinissable. Il n'est d'abord rien. Il ne sera qu'ensuite et il sera tel qu'il se sera fait. L'homme est seulement, non seulement tel qu'il se conçoit, mais tel qu'il se veut, et comme il se conçoit après l'existence, comme il se veut après cet élan vers l'existence ; L’homme n'est rien d'autre que se qu'il fait. L'homme est d'abord ce qui se jette vers l'avenir. Il est vrai que l'homme est pleinement responsable. Il est vrai que l'homme se choisit. Ce qui me gêne, c'est que l'existentialisme ne croit pas à la puissance de la passion, bien qu'il ne nie pas la passion. L'homme est d'ailleurs responsable de ses passions. Ce qui me fait rire - riez avec moi ! - c'est cette affirmation : le sentiment se construit par les actes qu'on fait. Ce qui veut dire que je ne peux aller chercher l'état authentique qui me pousse à agir. Mais où est la puissance ? Où sommes nous ? Où est l'avenir, dans cette théorie du présent ? Je veux encore m'attarder un instant sur l'amour, les faiblesses, les problèmes qu'il pose, la force qu'il est... La flagrante contradiction, le fléau humain, hybride mes sens. Je n'ai que de faibles prétentions : Retarder le contact, gonfler les veines des yeux, menacer d'exister, mentir toujours pour dans la séparation continuer à vivre. Voilà le masque vivant qui m'empêche de respirer : La souffrance de la séparation. Qui ose me dire qu'il ne craint pas d'aimer n'a jamais aimé !! Le courage en ce temps maudit, a fui loin de moi. J'ai quitté la France, et par là même, je me suis laisser-aller. La mort est au tournant. Mon dies irae : Jour formidable, où l'homme en deuil, se lèvera de son cercueil, pour le procès de son orgueil. Où sont les amis dont j'ai impérieusement besoin... L'obstacle devant moi est de taille. Je ne suis ni ACHILLE ni SOCRATE. Je suis éclaté. Il faut souffrir un mal plus grand pour surmonter l'obstacle. Je hurle et n'entends que la résonance de ce cri. La solitude m'abrutit. Il me faut vite me convaincre. C'EST LE VOULOIR QUI VEUT VOULOIR. C'EST LE VOULOIR QUI VEUT VOULOIR. Sur moi, dans moi, j'appelle la force de vouloir ce que j'ai décidé de vouloir. Pour survivre, je suis obligée de me travestir en cet ami (mon seul ami) qui me fuit, m'étrangle. La calme respiration que tu entends n'est pas la mienne. Je suis le chat qui se mord la queue. Le félin a perdu son appétit. Je meurs de ne pouvoir discerner l'amour. Je souffre l'éternel paradoxe de ma vie. Le malaise que mon corps abrite est une horrible gangrène. La crise de mes faiblesses amoureuses me suce le sang. Je n'en retire plus aucun plaisir. Que se passe-t-il ? La clairvoyance m'abandonne. Je viens, pour la seconde fois de mon existence, de divorcer avec moi-même. Ami lecteur tout ceci n'est pas très réjouissant, cependant je ne peux que t'encourager - car du courage il en faut - à aimer ; mais attention, il ne doit rien y avoir d'égoïste dans l'amour. Je t'espère être aimant. Je te vois refuser d'être aimé. Ai le courage du solitaire. Soit discret, effacé, et vivant. Ecoute cette intuition fulgurante et mystérieuse qui rend tout à coup cette décision surnaturelle. Ose, rompt, aime la fracture. Ne te résignes pas, mais supporte patiemment. Le temps va venir, où tu pourras agir. Apprends le courage humanisé : il y a à faire preuve de ruse, d'intelligence et d'imagination. « Alors qu'aux yeux de tous, l'humanité traînait sur terre une vie abjecte, écrasée sous le poids d'une religion dont le visage se montrant du haut des régions célestes menaçait les mortels de son aspect horrible. Le premier, un grec, un homme, osa lever ses yeux mortels contre elle et contre elle se dresser. Loin de l'arrêter, les fables divines, la foudre, les grondements menaçants du ciel ne firent qu'exciter davantage l'ardeur de son courage et son désir de forcer le premier les portes étroites de la nature. Aussi l'effort vigoureux de son esprit a fini par triompher. Il s'est avancé loin au delà des barrières de notre monde, de l'esprit et de la pensée ; il a parcouru le tout immense pour revenir victorieux, nous enseigner ce qui peut n'être, ce qui ne le peut, enfin les lois qui délimitent le pouvoir de chaque chose, selon des bornes inébranlables. Ainsi la religion est à son tour foulée aux pieds, et nous, la victoire, nous élève jusqu'au ciel. » LUCRECE Regarde le péril les yeux dans les yeux. Pour être courageux, il faut un adversaire, une cause. Quelle est ta cause ? Sois toi même, aime la sincérité, accepte de souffrir : le courageux tient à la vie plus que n'importe qui. Quelle est ta position, ami lecteur ? Reposes-tu déjà ? Es-tu un marcheur infatigable ?
Chapitre 2. OÙ EST PASSEE LA MORALE DE CETTE HISTOIRE ?
« Que celui qui comprend ce qui a été détruit là, regarde s'il lui reste encore quelque chose entre les mains. » NIETZSCHE.
Mon ami d'enfance s'immisce et divulgue les indiscrétions d'un voyage surréel. Cet espion de première m'a surpris dans mon espace transitionnel. Il vous jette à la face les quelques débris sauvages, qu'il m'a arrachés. Ce qui va suivre est une noire parenthèse d'optimiste écrite pour que personne n'y comprenne rien. Ce qui suit est surréel, et n'appartient qu'à moi et mon ami, ami pourriture, ami forgeron, ami bourreau. Néanmoins, la sincérité a poussé mon ami à se trahir ; je ne lui en veux plus. Ecoutez le baver son triomphe ! L'aveugle est roi en son royaume. Qu'importe mon nom, ma qualité, ou mon âge, je me suis trahi, voilà tout ce que vous devez retenir de moi. Je suis un explorateur d'âme. Un buveur de sang. Je suis un vampire, et ce n'est pas parce que je fais le mal que je suis mauvais, mais parce que je suis mauvais que je fais le mal. Lecteur, tu n'es et ne seras jamais de mes amis, par contre il y a un individu qui te cherche et t'espère et au sujet duquel je sais des choses étranges. Ta curiosité de badaud se met en branle. Laisses toi porter par le récit surréel dont je me libère ici. Attention, ne lis cette pestilence que si ... Mystérieuse est la quête qu'il poursuit. L'énigme humaine se dévoile, les espoirs s'envolent. L'idéologie individualiste et iconoclaste se renforce, pourrissant la rancœur d'une trahison passée. L'immanence surréelle émane du stoïcisme et de la chasteté. Imbu de morale, il se projette et se libère dans un espace inconnu. Lapis lazulite pour coder le message : Il faut connaître l'air de vérité du terrible voyage qui a laminé l'esprit nomade de celui que j'aimais. Son cœur, courbe déclinant ses faiblesses sur une portée ensanglantée, gesticule fébrilement. Il refuse la normalisation de la masturbation : matador de l'envie de découvrir. L'immortel, que je suis, éternellement jeune, désabusé, nappe votre esprit de cette histoire vraie, sans espace temps, mais avec de l'odeur et du sang. Notre ami s'intéressa à la morale, c'est à dire à moi. Il fut contraint à inventer de nouveaux trésors. Maudite découverte qui vite l'ensorcela et le poussa dans un maelström d'émotions jusqu'à l'impuissance machiavélique. Il mâchait ses propres lèvres attendant que les runes lui révèlent ce que l'énigme voulait dire. RIEN. Il n'y avait que du vide rugissant. Pour échappé au déséquilibre, il s'accrocha aux saisons. Ainsi accoudé aux mouvances temporelles, il sentait en lui, le sortilège perçait, l'orbite traversé par un mystère penniforme. Mais il était toujours subjugué par la subtilité sucrée de la morale. Il ne savait plus qui était devenu le succédané de qui. On ne se libère pas si aisément de liens si archaïques. Subrogation irréelle à l'évocation incertaine ? Invitation au viol in vivo ? Ou exécution sommaire ? Personne ne pouvait prétendre dire de quoi était atteint l'étranger, cet être métamorphosé, dont l'esprit s'atrophiait, et le corps s'atomisait. Le sort dessinait dans ses yeux des raies verdâtres... Plus un mot, il ne pouvait prononcer. Le pronostic n'était pas brillant ; La prophétie allait-elle se réaliser ? Coincé entre quatre murs, il survivait d'une perfusion littéraire, perclus et bientôt légume intellectuel. Le livre interdit. La magie pérenne de la mémoire glisse sur lui, le caresse... Ou, est-ce là, la manifestation irréfutable de l'abandon final de la subordination masochiste d'un être à la recherche de l'arche perdue ? Il se décida alors, à faire de moi la proie de ses nouveaux désirs. La proie qu'il se choisit s'affichait cadavre en décomposition, je dirai même pour être plus sincère, délicieuse composition de corps. Je n'étais plus moi, mais une multitude, ce qui ne manqua pas de troubler notre ami. Celui-ci se trouva bien vite noyé par tant de corps, de beauté et de cruauté. Il était plongé dans une catacombe avide de destruction. Je ne suis pas vampire pour rien ! Des flocons d'écume naissaient à chaque mot sur ses lèvres. Une odeur d'abjection morale flottait dans l'air autour de lui comme un nuage vert et putride. Main dans la main, nous errions dans une fange bleue. J'étais lui. Il était moi. Aucun antiseptique n'aurait pu éviter cette étrange copulation, dont les effets ne tardèrent à se déclarer. L'appétit n'avait plus que des désirs amoureux, ce qui révulsait le visage pâle de paradoxes de mon ami. Il n'était pas encore habitué à n'être plus lui. Son cœur, organe essentiel, montrait des signes d'inappétence. Son comportement devenait impromptu : ses faits et gestes désorganisés, tentaient désespérément d'oublier l'aliénation. Des traces de scarification labouraient nos corps. Agité par une volonté vengeresse contre la vie mortelle que j'avais quittée, j'avais exécuté pour chacune des parties de nos corps, une sentence sanglante. Tandis qu'il s'appliquait à aspirer mon sang, une sensation sonore lui chatouilla les oreilles. D'abord un grondement sourd, puis une pulsation lourde semblable à une batterie de tambour. Puis s'ajouta la battue d'un autre tambour. Il me dit plus tard, comment le son grossit, emplit ces oreilles, envahit tous ces sens, palpita dans ces lèvres et dans ces doigts, dans la chair de ces tempes, dans ces veines. Le premier tambour était mon cœur, le second était le sien. Plus aucun centimètre de notre corps ne devait prétendre à l'innocence. Condamné condamnable, j'étais le bourreau séducteur. Il cornait ce corps malléable en d'infâmes positions. Il indurait chaque organe. Après l'épuisement physique et l'extase sodomisé, on aperçut une dernière goutte de sang glisser le long de son maigre poignet. Je portais sous le nez le sourire d'un ange en danger, sur sa peau blanche se reflétait la noirceur de mes prunelles. L'air prostré que je cultivais, provoquait l'admiration de mon ombre. Charmé par ce piège "vivant" que j'étais, il bavait des péchés que je pressentais instinctivement. Il devenait le jouet avec lequel je m'amusais le plus. Le sexe carnassier rêvait des carnages virtuels. Chacun de ses mouvements atteignaient le degré d'immobilisme. Le nectar de mon odeur s'évaporait. Il était autrement que je ne l'avais deviné. Il y avait en lui quelque chose d'incontrôlable, et donc de dangereux. J'ai fui. Est ce lui qui est parti ? Comment DIEU cela est-il possible ? Il ne lui restait plus qu'à entretenir le souvenir neural de mon charme bestial. Il ne pouvait vivre sans moi. Personne ne le peut... Je l'espionnais. Il évoluait dans le nirvâna douloureux de moi en lui, sans moi ni lui. La situation ne pouvait qu'empirer. Le MAL grandissait au fur et à mesure que se révélait mon absence. J'ai craint qu'il ne devienne complètement cinglé. Il ne vivait plus que dans notre souvenir. La fascination que j'exerçais sur lui, se retournait sur moi, et dans de violents accès de manque, je me précipitais auprès de celui qui m'accusait de le tuer. Il n'avait pas tord... Les retrouvailles étaient des moments de pures merveilles. Nous étions parfaitement encastrés. Mais, bien trop tôt, une pensée m'assaillait : Qui survivrait à l'autre ? Et je fuyais de nouveau. Je me fis violence afin de le laisser seul. Je l'observais de loin, des indicateurs me donnaient les renseignements que je réclamais, comme un nourrisson réclame le sein de sa mère. Il me manquait, mais ce quelque chose d'indicible, me bornait à m'éloigner. Etait-ce le parfum de la vérité ? Portait-il encore cette douce et amère odeur ? Il errait dans l'espace incompressible de sa tête. On m'accusait presque d'avoir déchiqueté sa volonté. Il se piégeait dans la solitude de son être. Il se sentait incapable et nuisible. Qui n'a jamais était dans cet état arrête immédiatement la lecture ; je m'étonne même qu'il ne l'ait pas fait avant. Sur lui pesait une lourde fatigue, qui pliait ces paupières. Son ventre n'était pas vide de nourriture, pourtant les vertiges, les spasmes, et les crampes nous laissaient croire à un catholique à la veille de pâques. Il négligeait l'enveloppe transformable. N'y tenant plus, conscient du mal que j'allais commettre, je le rejoins. Des champs s'élève la parole précipitée. La brebis s'égare... Enivré de l'odeur de mon corps, la bouche collée sur le fruit érotique, notre fou sanglote son identité vulcanienne. Sa langue baigne dans la salive, glisse vers l'orifice d'où la lave doit sortir. Elle glisse vers cette chaleur presque humaine. Laper goulûment jusqu'à ce que écume blanche barbe ce visage imberbe. De la corbeille s'égoutte le bleu d'un rêve égratigné. Que penser de l'aliénation en danger, du désespoir passoire, de cette passion dévorante ? La piste du temps s'amplifie dans ses narines oranges sans le perturber. L'engrenage enragé que je m'étais amusé à poser dans son esprit affaibli, avilit chacune de ses pensées. L'homme de facture factice ne peut se plaindre d'avoir un mauvais créateur. Et pourtant, il rechigne à suivre la courbe têtue de sa destiné. Il se bloque entre un à présent et un à rebours. Tour blanche aux sifflements rotules qui rouille l'hypophyse hystérique de ne pouvoir produire les hormones du désir de vivre. Une vision des plus banales réveille en moi la crainte : De la façon la plus provoquante qui soit, il traverse la rue pour se rendre d'un trottoir à l'autre. Les zigs et les zags se suivent en vague et je ferme mes yeux, exaltés par tant de frayeurs sentimentales. Les égratignures disloquent le pantin dont les saccades de la démarche font hurler de rire les passants ignorants. Un effort que diable ! Cet homme est un égaré. Il n'a plus d'esprit et sa volonté s'est éprise d'un mortel. « Quand tu aimes, il faut partir. » CENDRARS Dans l'erreur d'un retour incontrôlé, il se prélasse sur le lit défait de n'avoir pas su distinguer où était la faille. Le cri strident n'a plus le son libérateur de la libellule orange autour de minuit. Il porte une crête flamboyante et une sphère translucide englobe son crâne. Le cou...L'odeur amère de la goutte de sang qui reste sur le tranchant de la lame. L'air menaçant de ses yeux indifférents n'a pas trompé le maître. TU AS APPRIS À RECONNAITRE LE MENSONGE, PAUVRE FOU. Il est complètement fou. Au moment où j'écrivis "fou", il me cria : la haine que je ressens, s'étale sur le parapet glacé de la muraille d'un pont délavé de mes pleurs d'incapacité. Il est complètement fou, méfiez-vous de lui. Il suffit de le regarder, droit dans les yeux, pour savoir ; il porte l'effrayante sincérité. Sachez que cela fait cinq jours et cinq nuits que nous ne nous sommes pas quittés une seconde. Depuis ce matin il est affreusement malade : ses tripes tournent et se retournent dans son estomac, il vomit, il grelotte malgré la tonne de couverture écossaise qui l'entoure, il souffre en silence, il ne dit quasi mot. Sans doute une intoxication alimentaire. Il envisage de repartir demain. Egoïstement, je lui demande de rester, je lui propose de prier pour lui. Il refuse. Toute la journée il resta coucher, silencieux, semblant faire d'insoutenables efforts pour ne pas fermer les yeux. La nuit venue, il était onze heures dix, à bout de force, juste avant de sombrer dans le sommeil, il me dit : Demain les pensées d'hier seront peut être plus claires. Je croyais que serait là, les derniers mots qu'il me lancerait, comme une ultime énigme. Toi qui le connais un peu et apprendras à mieux le connaître, tu n'es sans doute pas étonné, de sa manière d'agir. J'ai, pour ma part, du mal à m'y faire. A neuf heure, le lendemain matin, nous étions en voiture. Il ne dit rien durant tout le voyage. Il était terriblement triste. Il avait froid. Il luttait avec le vide. Sur le ferry, il vomit quatre fois, bien que son ventre fût vide. Arriver à destination, il se retourna vers moi, me regarda si profondément, que je me sentis mal à l'aise. IL ouvrit la bouche et dit, avant de sortir, avant de me quitter, avant la fin... Tu m'écoeures.
Chapitre 3. LES AIMANTS AMANTES : ETAT DE TOUT ETRE HUMAIN, EN QUI EXISTENT DES CONSTITUANTES SEXUELLES A LA FOIS MASCULINES ET FEMININES.
« Et le pis est que la déchirure passe par ce que j'aime et que c'est dans ce que j'aime que je gémis dans ce que j'aime qu'on me frappe qu'on me broie qu'on me réduit qu'on m'agenouille qu'on m'humilie qu'on me désarçonne qu'on me prend en traître qu'on fait de moi ce fou ce perdu cette clameur démente... »ARAGON
Loi qui pourri le grenier à blé huit veaux d'or pour racheter tes péchés ne suffiront jamais tu forniques avec les excès ta jupe relevée un rasoir sous la gorge debout figée ridicule familles empoisonnent donc tes filles elles s'épuisent et s'autodétruisent dans un combat imaginaire lutte brutale l'une jeune mais sûre d'elle l'irrésistible attrait a son côté vexant qui donne l'impression de ne plus s'appartenir le vent souffle ses caresses sous les couvertures elle réapprend à grelotter l'autre claque des dents des brumes glacées s'élèvent d'elle des hurlements sarcastiques ont dérangé son silence de dormeur elle a perdu en cette seconde tout repère habituel l'autre n'est plus retenue par rien et pourtant elle engage la lutte contre l'attraction désastre le passé resurgit avec son cortège de violence et de pleurs elle pense l'avoir enterré si profond que jamais il n'aurait du remonter elle lutte pour ne pas s'attirer de mortelles pensées son passé brise la tombe malgré ses efforts elle ressent la douleur et bien d'autres choses elle pourrait choisir le salut dans la fuite en s'endormant le sommeil a cette vertu de rendre amnésique celle qui souffre sa réalité mais comble des paradoxes cette nuit elle a envie de se souvenir l'autre veut dans un élan masochiste jouir les blessures de son passé et se sentir une dernière fois céder à l'aimante attirance au levé du jour repue elle ne manquerait pas de s'habiller mais pour le moment elle est grignotée par cette douce magnétisation l'autre nage dans l'état présent cela faisait longtemps que ce n'était pas arrivé elle se sent so far away so close elle lui interdit de l'aimer pointant devant son nez un revolver chargé elle oublie volontiers que l'autre est humain et donc l'être le plus fragile de la terre donne de biens méchants ordres sentiment fortement ambivalent qui sauve et explose les deux âmes en pôle folles amants point de physique grivois enterré sous les couvertures la ferme distance est insuportablement supplicice red kilt en tweed dans les fers l'idiote en chaussettes blanches s'est enferrée dans ses mensonges face à face comme suspendues parfaitement alignées sur une ligne dont la réalité résulte du croisement d'un désir et d'un fantasme elles sont retenues par un procédé magique le jugement contradictoire une dolente colique mal au côté droit recluse convolutée quasi convulsée l'autre nerveuse pathétique bonne figure conviviale coprophagique et coronale lorsque l'une voit l'autre elle est dans un état de non être terrifiant une myriade d'interdits excitent sa paralysie chaque pincement de ses lèvres est un déchirement séculaire la conscience de l'écart qui se réduit est effrayant pour manquer au naturel elles s'effacent l'une dans un parfait immobilisme l'autre dans le dénie le plus provocateur qui soi des rires effrénés mêlés aux sombres pleurs elles n'existent plus ainsi a-t-elle perdu sa raison d'être regardez elle vient sous vos yeux de rendre l'âme comment vous sentez vous la faiblesse réside dans l'attirance non pas dans le contact belle conquête on ne touche qu'une fois relance la balle la pesanteur sera toujours plus forte l'aimant amante est maintenu dans les airs par une fine tresse de fils noirs son magnétisme retient dans son souffle un lourd et encombrant revolver la vie ne tient qu'aux fils qui rougissent sous la flamme le fumeur de hasch tue jouir férié son k cran cas l'épine dorsale est pointue agénésie leur trouble et leur effroi elles sont les dernières à rechercher une existence impossible elle lui chuchote à l'oreille un délice synthétique et éclate en sanglots l'enfant isodynamique point névralgique d'une naissance improbable elles sont condamnées à errer dans un océan surpuissant d'infini knowledge is differential and love appreciable rassurante elle pollue des vers empoisonnés croyant gangrener son côté pile elle fait face au visage balafré mais toujours à un pas de fils d'elle « je suis venu vers toi comme à l'aimant la sombre limaille comme la pierre qui n'a de loi divine que son poids ou ce vers ne frappant sa rime qu'à la quinzième fois le poisson dans le filet qui se débat contre les mailles le monde n'est qu'un lit immense et pour nous deux trop étroit où ne me guide vaguement que le gémir de ta bouche ah tu vas m'échapper par le rêve avant que je te touche et pourtant plus que tout je crains de t'éveiller ô ma proie » ARAGON elle est miroir de ma pensée elle m'a conquis et ma faiblesse m'a été révélée dans la fulguration male habile d'un baiser elles sont moi they struggle inside for the outside par elles je m'écartèle et telle l'hirondelle je rase le sol de mon désappointement une image en négatif de mon positif une position dès plus inconfortable une vie de crise électrique huit veaux d'or pour te pardonner ne suffiront jamais un champs magnétique me parcoure l'échine et de délicieux frissons font se dresser chacun des petits cheveux le positif est féminin le négatif est masculin je suis loin d'être neutre car je ne suis pas fainéante elles manipulent ma pensée endolorie par ce fouillis glacial les pôles sont parfaitement alignés devant mon horizon désacralisé quelle menace réelle représentent elles pour moi quelle société accueille celui qui est celle qui est celle qui n'est pas celui l'écart est pour le moment constant mais à trop jouer quelqu'un pourrait me pousser et l'écart s'agrandir mon corps s'évaporer mon coeur imploser « on sourira de nous comme de faux prophètes qui privent l'horizon pour une immense fête sans voir les clous perçant les paumes du Messie on sourira de nous pour le meilleur de l'âme on sourira de nous d'avoir aimé la flamme au point d'en devenir nous mêmes l'aliment et comme il est facile après coup de conclure contre la main brûlée en voyant sa brûlure on sourira de nous pour notre dévouement... » ARAGON
Chapitre 4. MAXIMES ET INTERLUDES.
1 - La masturbation est l'activité sexuelle de demain. - Un adulte qui baise est immature. - La plénitude à travers le contact humain pour un adulte est une recherche vaine. - L'amour est une blessure mais c'est également le moyen de sortir de soi même pour échapper au tourment de l'amour propre. - Les histoires d'amour qui ne commencent pas finissent mal comme les autres. - La distance entre les êtres est d'autant plus grande si ils sont de sexe opposé. - L'amour est le tout à poursuivre.
2 - L'indifférence bienveillante devrait être à la base de toute relation. - Toute personne vivante est un ennemi potentiel. - Il est vital de se méfier des autres. - Se maîtriser c'est négliger le regard des autres.
3 - Il ne faut pas négliger la profondeur de la peau. - La quasi totalité des gens vit dans la périphérie de leurs êtres. - Qu'importe la chute, ce qui compte c'est de toucher le fond. - La violence est l'ultime, la vraie, la seule expression de l'homme.
4 - Les morts font toujours bonne figure. - Garde l'image de ta mort devant toi. - Savoir que l'on va mourir c'est déjà être mort. - Ceux qui vivent, vivent des morts mais ils oublient trop vite que la mort vit aussi.
5 - L'art ne peut être compris que par une minorité d'individu. - L'intuition est à l'artiste, ce que l'élection est au protestant. - L'acte créatif devance la connaissance. - Le réel n'existe que comme condition subordonnée de l'affect. - Dans l’œuvre d'art, il n'y a guère que de la forme dont l'auteur ne soit pas dépossédé. - L'art est incompatible avec la société. - La création n'est pas la récompense, mais l'interminable marathon de l'artiste. - La solitude et la souffrance sont les sources primaires d'inspiration.
Chapitre 5. LE MENSONGE GOUTE A LA VERITE ET ATTRAPE LA NAUSEE.
« Je suis un mensonge qui dit toujours la vérité. » COCTEAU
Tu es ma cible mouvante, O vérité qui s'échappe Comme un fin filet d'eau entre mes doigts crispés. Les anges, aux yeux crevés ont raté la cible. Ils sont aveugles et sourds. Moi, il ne me manque que l'odorat Pour me confondre avec ces taupes. Si j'ai si peur de toi, c'est parce que mes mensonges te complètent si bien. Je t'entends hurler de derrière les barreaux de ta cage. Je te vois gigoter, sauter et danser entre mes vertes paroles. Les effluves amers de tes non - dits me montent à la tête. Ton regard s'éloigne de l'horreur de ma mythomanie. Le monde de l'extérieur pue. Pour t'aimer, comme un guerrier aime son compagnon, Je cesse de jouer cette exécrable pièce dont les actes ne finissaient pas de se multiplier. L'ultime effort de ma délivrance pousse un cri silencieux. Campé sur mes genoux, j'adresse une prière à ma belle. Fort de pouvoir surnaturel, j'échoue tout de même. "Il ne suffit pas de grenouiller, de gazouiller quelques puants psaumes pour être accepté". Je compris que derrière la poésie se cache un bien mauvais jeu. Cet égoïste jeu m'enferme et m'empêche d'aimer ma belle et fragile. Esseulée, menteuse, je connais la vérité. Partir en transe avec toi, Devenir toi l'espace d'un instant tel est mon désir. L'interrogatoire pollue les gestes lents et précis . Feu entre les gens que l'on épie, que l'on tourne et retourne . Hauteur, tu m'es étrangère. Molle tendresse, serment en post-scriptum. Seraient- ce là les divagations affligeantes de l'adolescent, de ce presque adulte, de celui qui regarde en arrière tout en avançant ? Serait- ce le dégoût qui me pousse à écrire ? Sont- ce seulement les réflexions puériles de mes presque vingt ans ? Je crée le débat. Les hésitations m'étouffent. Je suis la question et la réponse. L'énigme chante son coup de minuit et tire la jolie fille comme le pervers averti. Point de soupir étranglé, ni de bas déchiré. "Il faut causer, ma belle." Caser le revolver dans le tiroir poire du travail. Loin sur loupe moite ; proche de tes billes d'yeux. Tapoter des orteils ; constante tension. Le corps s'emporte et se casse. Il se contorsionne, frappe la terre et le bois. Prend- t- il son élan, c'est pour rebondi un peu plus loin. Le buste, les pattes, et les coudières Partent et reviennent, s'agitant dans des glissades ultra rapides. Tout ceci me fait mal aux orbites lunaires, Je menace de tomber dans un état morbide. L'étape de la glaciation terminale rampe vers moi. Sur le chemin de la vérité je souffre l'abomination de l'horreur. Partir, boire et se renverser, saouler par ton regard. La rencontre est à la base de notre relation. Chacune des rencontres est le négatif d'un nouveau départ. Celui-ci est l'ultime senteur de ta bouche sur la mienne, Le profond relent d'une future absence plus ou moins longue, minutée ou non. Je crois que l'on sent seulement lorsque l'odeur n'est plus. La lumière met son temps avant de nous éclairer. De même le son m'abrutit avec son retard Comme une épaisseur épidermique étrangle ma joie, Lorsque je te sens contre mon sexe. L'absence résonne de ta présence. VERITE La fausseté de mon comportement est ostentatoire et grotesque, Les pantomimes jonglent au dehors de mon corps, Le sucre fond entre mes canines rougies par ton sang. J'ai la tête explosée. Fente étrange ouvre toi ! L'orifice s'abat sur le pic ensanglanté. Le bout de l'ongle se recroqueville. Ne m'approche pas ! Réluctance emmanchée cherche la vérité. POURQUOI CONTINUER ? Pour entretenir le lien du non lien. Pour penser la distance comme un rapprochement astral. Non, je ne suis pas plus voyageuse que téméraire. Mes rêves sont gerbants. La distance entre toi, ma douce vérité, et moi ignoble gueuse, reine des garces, m'écrase dans un mutisme contrariant. Je sais que tu me convoites en secret. Cela me touche profondément. Mes mensonges ne s'y retrouvent plus. Ils se cherchent, comme je cherche les mots pour te dire ... JE T'AIME. Quoi, voilà que la rumeur est de sortie ce soir ! Quoi, on me calomnie ! Grand est le désintéressement ; Immense est la curiosité du faible. Les taupes sont réunies dans leur trou noir. Elles parlent de moi, et de mon mensonge. Ces petites bêtes craignent que l'une d'entre elles soit tombée dans ma gorge. Ils se trompent. D'ailleurs celle qui me touche, qui creuse mon palais, qui lèche ma langue, n'est pas une taupe. Elle est menteuse tout comme moi. Elle a des petits yeux de souris. Mais, ne vous méprenez pas, une souris n'est pas une taupe ! Selon ces sombres animaux, ma gorge est bien trop sèche pour y vivre. Les mots qui en sortent sont mortels, et putrides. Ils donnent la nausée. Ils crachent la mort. Mais est-ce parce que ces sons qui sortent de ma bouche, giflent le vent de leurs propres balivernes, qu’ils ont peur ou bien est-ce parce que le mensonge est plus fort que la vérité ? Le mensonge n'est pas de la vulgaire tricherie. Ce n'est pas parce que l'on ment que l'on ne se mouille pas. Au contraire, il faut être fort, pour mentir. Il faut se foutre des mots. Créer intuitivement un comportement, une réponse, une question, demande une constante concentration. Le grand acteur est plus vrai que celui qui prétend à la vérité. Le mensonge apprend l'humilité à celui qui doit se jouer de ses propres forces, pour ne pas chavirer dans le vide. Je ne suis jamais dans la vérité, mais je suis toujours dans le vrai. Comme la Menteuse de COCTEAU, je voudrais dire la vérité. J'aime la vérité, mais elle ne m'aime pas. Voilà la vérité vrai. Dès que je la dis, elle change de visage. Elle se retourne contre moi. Pourtant je n'aime pas le mensonge. Je suis simple. Si on me demande quelque chose, je veux répondre ce que je pense. Je veux répondre la vérité, la vérité me démange. Alors je ne sais pas ce qui se passe. Je suis prise d'angoisse, de crainte et je mens. Et si j'aime, je dis que je n'aime pas et si je n’aime pas, je dis que j'aime. Mentir, savez vous mentir ? C'est très utile. Le nez au delà des sombres machinations, je m'élance vers toi O ma tendre et cruelle vérité. Ferme les yeux, que je t'apprivoise sauvage vérité. La pureté endort tes germes cancérigènes. Ma belle, tu rumines loin de moi des herbes de manque. Ces plantes ont le goût amer des vagues souvenirs. Le cercle s'est effacé sous tes yeux mouillés d'émotion. La vérité se rappelle cette soirée, que je passais en sa compagnie sans en être réellement. Fer huis clos et ta jambe s'allonge sur le lisse parquet; Acier tordu : je tue il... Ou donc est le couple infernal, la forme diurne terrifiante ? Il n'y a pas et il n'y aura pas de nous : les damnés ! Le nous existe. Il se cache dans la nuit. La lumière n'est pas pour lui déplaire, mais la lumière ne veut pas le voir. Moi, je me moque de ce que l'autre pense. Moi, je suis amoureuse d'elle. Je lui fais la cour. Mentir, c'est très utile à la cour. Le jugement traîne ses grosses tuniques invendables. On ne fait pas de business avec moi et mon éternelle et invisible compagne ! Buse à gueuse repentie. Assez ! Je suis issue d'un monde que la grue géante cherche encore à arracher des entrailles de la terre. Je hais polir les humains, par contre j'aime embrasser l'androgyne. L'androgyne signe Lo. Qu'est-ce à dire ? Que je lui mens ? Allez savoir ? Je suis la question et la réponse, l'ultime énigme humaine. Je vous agace avec mes contradictions. Vous doutez !! Je me venge de l'absence qui s'amuse à me ronger. Cette souris a beau me sourire, à partir d'aujourd'hui tout est fini. Je rends mon tablier. Je quitte le navire qui cogne la seule vague qui su nous réunir. Je mens, je respire, je suis en vie. J'urine mes caillots de fange avant que cela vous fasse peur. Tout est dans ma tête, permettez moi de déposer à vos pieds ma vérité. Sans vous, rien de ce que nous sommes existe. Le sang jaillira des collines blanches. La mer prendra de nouveaux reflets sanguins. Tout est bien...Mais, méfiez vous des liens qui tournent.
18:55 Publié dans les solitaires | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, inclassable

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