30.06.2006
GIGER
surréaliste suisse acclamé R. Giger, créateur des formes de vie terrifiantes et de leur environnement de l'au-delà dans le classique de film ÉTRANGER, pour lequel il a reçu l'oscar en 1980. Peintre, sculpteur, concepteur, architecte intérieur, Giger prolonge sa vision artistique dans tous les domaines. Le principe fondamental à la nature de son travail est son esthétique biomécanique, une dialectique entre l'homme et machine, représentant un univers immédiatement dérangeant et subliment. ![]()
14:16 Publié dans PEINTURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : peinture, art, cinéma, aliens
BROM
Comptant parmi les peintre du fantastique les plus doués de sa génératio, Brom a apporté sa vision particulière et souvent dérangeante à une multitude de projets. Un univers d'illustrations sombres et puissantes qui mêle beauté, la mort et l'étrange. A feuilleter et pour le plaisir des yeux: Darkwerks, édition du soleil, 2000.![]()
13:38 Publié dans PEINTURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : peinture, art, bd
ARYCKX LYDIE
L’œuvre de Lydie ARICKX est faite de tensions, de luttes ; les corps expriment la douleur ; crucifixion, tauromachie, la torture et la mort sont présentes de manière lancinante dans ses tableaux. Les mots qui reviennent à son sujet dans les textes d’observateurs témoignent : « volcan, forces telluriques, corps de séisme, pléthore de vie, de mort, outrance ». On pourrait multiplier les exemples qui renforcent l’impression de violence permanente exprimée par sa peinture.
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13:24 Publié dans PEINTURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art, peinture, lesbian-touch, lesbiennes
queer zones
Marie-Hélène Bourcier est sociologue, activiste queer et maître de conférences chargée de recherches à l'université de Lille III et à l'EHESS (Cadis). Elle est l'auteur de nombreux ouvrages et articles sur la théorie queer, les subcultures sexuelles et les minorités en France et à l'étranger.
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Comme un immense jeu de quilles, dont ce livre serait la boule et où l'on verrait valser en tous sens la république straight (blanche, mâle, hétérosexuelle) l'essence de la Femme et le féminisme classique, les homos institutionnels, l'état-major de Ni putes ni soumises, avec, pour faire bonne mesure, Pierre Bourdieu et Jacques Lacan. On s'attaquera à cette zone brûlante qu'est la frontière entre la sexualité, les genres, la race et l'espace public. On comprendra que les genres ne sont pas deux mais innombrables, qu'ils sont le résultat de toutes sortes, de constructions, qu'il faut les voir comme des performances, des imitations sans original. On verra pourquoi le féminisme blanc et républicain s'oppose de toutes ses forces à une telle conception et s'accroche à une vision essentialisée de La Femme. Dans le style trash et érudit qu'on lui connaît, Bourcier reprend en les élargissant les thèmes des gender studies et des postcolonial studies : une entrée en fanfare dans l'univers queer, celui de Madonna, de l'Exorciste du post-porno et des freaks. La "queer zone" ne se définit pas facilement. La réflexion de M-H Bourcier entend se situer à la croisée des chemins, là où se rencontrent les attributs et les choix de chacun, autant en matière de culture que de genre, et l'espace public. Là où se construisent les identités et où se nouent les motifs d'oppression. Une zone mobile, polémique, à partir de laquelle l'auteur entend promouvoir deux choses. D'une part la méthode associée aux cultural studies. D'autre part une réflexon critique sur les débats récents en matière de politique sexuelle en France, lesquels souffrent de toute évidence des perversions que les cultural studies se proposent d'éviter. L'ouvrage se présente dès lors comme une relecture originale, très critique, mais aussi constructive, de quelques unes des problématiques centrales de la société française actuelle. L'auteur reproche aux études universitaires "classiques" d'être trop dépendantes de préoccupations disciplinaires ayant bien souvent intériorisées un discours politique hétérocentré. Nourries de sociologie aussi bien que d'histoire, de psychologie, voire de philosophie, les cultural studies débordent chacune de ces sciences et se présentent, pour le dire avec les mots de l'auteur, comme "des opérations de reterritorialisation à l'intérieur de la discipline et des savoirs. Il s'agit de parasiter la discipline, de cultiver la promiscuité entre disciplines". Le principe des cultural studies est de renoncer à "l'autorité disciplinaire, aux frontières qu'elle impose et à la démarche qu'elle suppose", et notamment à "la conception du sujet humaniste ou universaliste qu'elles continuent de présupposer". Elles sont en définitive "une manière de faire de la politique par d'autres moyens". On ne saurait être plus clair quant aux obectifs utilitaristes qu'elles recouvrent. La sociologue met d'ailleurs l'accent sur le potentiel subversif de cette nouvelle approche, cela pour rendre plus sonore sa démarche de présentation d'un champ d'étude trop peu pris en compte en France selon elle.
13:12 Publié dans lesbienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lesbiennes, lesbian-touch, homosexualité, gay, littérature
Louise Michel
Partie prenante de la Commune de Paris, intervient l’épisode maintes fois mentionné, où, en habit de garde nationale, elle fait le coup de feu Place de l'Hôtel-de-Ville. Propagandiste, garde au 61° bataillon, ambulancière, elle anime aussi le Club de la Révolution et est toujours intéressée par les problèmes de l’éducation. Il est intéressant de remarquer qu’elle est très en avance sur son temps, préconisant des choses qui aujourd’hui nous paraissent acquises et normales, mais qui à l’époque sont des nouveautés, comme des écoles professionnelles et des orphelinats laïcs, se prononçant en faveur d’un enseignement vivant. Sur la barricade de Clignancourt, en janvier 1871, elle participe au combat de rue dans lequel elle tirera au fusil pour la première fois de sa vie. Elle se rend pour faire libérer sa mère, arrêtée à sa place. Elle assiste alors aux exécutions et voit mourir tous ses amis, parmi lesquels son ami Ferré, auquel elle fait parvenir un poème d’adieu émouvant, l’œillet rouge. Elle réclame la mort au tribunal, et c’est sans doute en l’apprenant que Victor Hugo lui dédie son poème, Viro Major. Elle passe alors vingt mois en détention et se voit condamnée à la déportation. C’est le temps où la presse Versaillaise la nomme la Louve rouge, la Bonne Louise.
Pour mieux la connaitre et ça vaut le coup lire LOUISE MICHEL quand l'aurore se lèvera de Christine Ribeyreix, edition La lauze, 2002. ( prix 20 euros)
13:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, anarchisme, politique, féminisme
Héliogabale ou l'anarchiste couronné
HELIOGABALE OU L’ANARCHISTE COURONNE par Antonin Artaud
« S’il y a autour du cadavre d’Héliogabale, mort sans tombeau, et égorgé par sa police dans les latrines de son palais, une intense circulation de sang et d’excréments, il y a autour de son berceau une intense circulation de sperme. Héliogabale est né à une époque où tout le monde couchait avec tout le monde ; et on ne saura jamais où ni par qui sa mère a été réellement fécondée. Pour un prince syrien comme lui, la filiation se fait par les mères ; - et, en fait de mères, il y autour de ce fils de cocher, nouveau-né, une pléiade de Julies ; - et qu’elles exercent ou non sur le trône, toutes ces Julies sont de hautes grues. Leur père à tous, la source féminine de ce fleuve de stupres et d’infamies, devait, avant d’être prêtre, avoir été cocher de fiacre, car on ne comprendrait pas, sans cela, l’acharnement que mit Héliogabale une fois sur le trône à se faire enculer par des cochers. » (Extrait d’Héliogabale ou l’Anarchiste couronné paru en 1934.)![]()
« Héliogabale, né sur un berceau de sperme, mort sur un oreiler de sang, est un noir héros de notre monde. Sa légende est faite de perversité et d’exécration » Le Clézio.
12:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, art, artaud, sexe
Le manifeste contra sexuel de Preciado
« MANIFESTE CONTRA-SEXUEL » -------------------------------------------------------------------------------- par Beatriz PRECIADO aux Editons Balland Une lecture de Patrice Desmons Imaginons ceci, au moins depuis Freud : tout texte s’écrit sur son contraire qu’il tient à l’écart et qu’il s’efforce d’effacer. Et toute l’histoire de la philosophie est cette histoire là : espérer en finir avec ce geste, d’abord en extrojectant le contraire de la Raison hors du monde (Platon), puis, à force d’échouer dans ce geste déréalisant, en réintrojectant la contradiction dans le mouvement même de la pensée (Hegel). Ce qui est vrai pour l’histoire de la philosophie l’est aussi sûrement et souvent pour l’histoire de chacun, balançant entre une position paranoïde objectant la contradiction en persécution, et une position intranoïde, pourrait-on dire, subjectivant l’en soi en pour soi dans l’avènement de la conscience de soi ... Dans les deux cas, l’objet de la contradiction est « résolu » : effacé par extrojection ou introjection dans le concept. C’est à l’ambiguïté de cette résolution qu’est exposée toute pensée et peut-être toute pratique soucieuse d’articuler subjectivité et politique. Or un autre geste serait-il possible, qui n’effacerait pas au moment où il montre, dont l’expression ne passerait pas par l’impression noir sur blanc qui se retranche d’elle-même ? Ce serait, on s’en doute, un geste inouï, à la fois philosophique, politique, éthique, subversif, révolutionnaire, sans doute littéraire et sûrement sexuel. Eh bien c’est peut-être un exemple de ce geste que donne à lire et à voir cet étrange livre de Béatriz Preciado : Manifeste contra-sexuel. Beatriz Preciado est philosophe de formation, d’origine espagnole et chercheur aux Etats-Unis. Ses références philosophiques sont, dans ce livre, essentiellement celles de la philosophie française contemporaine : Foucault, Deleuze, Derrida. La référence à Derrida joue un rôle pivot qu’on va essayer d’expliciter. Mais il faut aussi dire que B.Preciado est nourrie d’autres références, sociales, liées aux mouvements sexuels américains, en particulier le mouvement homosexuel mais aussi les mouvements abordant des modes différents de sexualité (drag queens, queers etc.) Cette double référence fait de ce livre un étrange document, qui annonce peut-être ce que pourrait être le XXIème siècle s’il n’est pas ravalé par l’obscurantisme. Ce serait aussi peut-être le moyen, pour certains lecteurs, de mieux comprendre l’enjeu et l’ampleur de la déconstruction à l’œuvre dans le travail de Jacques Derrida, en particulier pour ce qui concerne la sexualité et (donc) la psychanalyse. Ce Manifeste contra-sexuel peut ainsi être lu comme la traduction sexuelle de ce que Derrida traduit philosophiquement. En même temps que nourrie par la psychanalyse, l’œuvre de Derrida, depuis des textes de plus en plus incisifs, opère un retour sur la psychanalyse elle-même des « résistances » dont elle avait contribué à initier la lecture. Que dire de ce retournement ? Derrida déconstruit l’économie du « phallocentrisme » et la manière dont Freud puis (surtout) Lacan constituent ce qu’on pourrait appeler l’alibi du phallus. L’alibi du phallus, c’est la manière dont ce concept, se constitue dans son effet subjectif en se destituant : c’est la castration qui fait le phallus, le décide, le rend décisif et l’érige. Par la castration, le sujet se divise ; par sa division, il se différencie, et cette différence se marque corporellement par la différence sexuelle. Autrement dit, la castration greffe sur la différence anatomique une différence symbolique qui constitue l’Autre par soustraction et articule le désir en manque. La castration est alors l’alibi de l’Autre auquel le sujet sera dorénavant (dé)voué, dans la permanence d’une répétition revenant sans cesse à (et de) cette place là, « vide ». Dans des textes incisifs, (La carte postale, et plus récemment Résistances - de la psychanalyse et Etats d’âme de la psychanalyse) Derrida déconstruit ce dispositif et appelle à un « sans alibi » que la psychanalyse résiste à dénuder, un sans alibi qui défétichiserait le phallus, et peut-être la psychanalyse elle-même et tout ce qu’elle soutient ou dont elle se soutient : la loi, le nom propre, la logique régulière et régulatrice du signifiant, la souveraineté, le réel « innommable », le silence etc. Différence sexuelle, différence grammaticale C’est l’effet dans le sexuel (ou le réel, peut-être ?) de cette incision que Beatriz Preciado donne à lire. Croisant ce qu’elle appelle joliment les « ciseaux de Derrida » avec ceux parfois « réels » de machines linguistiques, sociales, médicales et techniques qui opèrent sur la sexualité, elle montre comment fonctionne aujourd’hui la production de la sexualité comme différenciation. S’intéressant par exemple à la manière dont intervient la chirurgie devant des nouveaux-nés intersexuels, dont le sexe est indécidable à la naissance, B.Preciado remarque que « le travail d’assignation du sexe des nouveaux-nés intersexuels commence par un processus de sexuation/nomination : un organe reçoit le nom de clitoro-pénis, péno-clitoris, micro-phallus ou micro pénis non en fonction de la description des organes existants mais en fonction du sexe que l’on veut fabriquer. Le nom d’un organe a toujours valeur prescriptive » (p.100). Il s’agit alors d’interroger cette prescription, et d’y lire l’exemple d’un principe général : une sorte de grammaire générative qui fixe le corps selon le genre, masculin ou féminin (le genre est une des premières règles grammaticales), et non l’inverse où on croirait que c’est le corps qui fixerait le genre. Ainsi, « on est tous passés par cette table d’opération performative : c’est une fille ! C’est un garçon ! » (p.94). La différence sexuelle est l’effet de cette performativité. Or c’est cette performativité que Derrida ne cesse de déconstruire, en rendant lisible ses effets à l’œuvre dans le droit, dans la loi, dans ce qui fait tenir le langage, le concept lui-même, et qu’il s’agit de déconstruire et « disséminer ». C’est dans la conjonction de cette analyse de la médico-technologie du sexe comme greffe (d’organe sexuel) grammaticale, et de la déconstruction « grammatologique » derridienne, que B . Preciado rend alors lisible, de façon assez sidérante, les inversions (mais le phallocentrisme dirait ici sans doute : les perversions) permises par la rencontre chez l’humain entre le sexe et la technique. S’appuyant sur les mouvements et les auteurs qui en revendiquent les pratiques, elle fait des objets sexuels (godemichés, vibromasseurs, bondage, contrats masochistes etc) des indices de gestes « contra-sexuels » qui subvertissent non seulement la fétichisation du pénis dans l’hétérosexualité, mais aussi la place symbolique donnée au phallus depuis la psychanalyse. D’origine le plus souvent médicale, remplissant des fonctions prothétiques, orthopédiques ou parfois répressives sous couvert de « correction » antimasturbatoire par exemple ou de contrôle de la chasteté, ces objets prennent alors un statut sexuel et conceptuel détourné et nouveau : B.Preciado envisage ainsi de décrire « l’analyse de la transformation de ces technologies de répression/reproduction en technologie de résistance underground » (p.80). Alors « il faut philosopher à coups de gode, plutôt qu’à coups de marteaux » (cf Nietzsche) , car « le gode est l’impropre » (p.66). Il est ce qui dissémine la loi du genre dont cherche à s’originer la différence sexuelle anatomisée : le gode atomise l’anatomie. Abolition de la propriété privée des moyens de reproduction Philosopher à coups de gode, c’est comprendre cette loi de l’impropriété et de l’expropriation : c’est en fait une forme d’abolition de la propriété privée des moyens de production et de reproduction dans la sexualité, et alors « le gode n’est pas un objet mais une opération de coupure » (p.66). En fait « le gode précède le pénis » (p 67) et ainsi il « fait figure d’exemple paradigmatique de ce que Derrida a défini comme le « dangereux supplément » dans l’analyse de l’opposition nature/culture chez Rousseau. » Loin d’être la simple imitation du pénis, le gode en mimant le pénis, le mine : « le gode dresse le pénis contre lui-même » selon le principe de la mimesis qui dissémine tout original abîmé dans la différence sans origine assignable et doublant toujours déjà toute origine originellement dans son itérabilité (cf Derrida : Mimesis- des articulations Editions Galilée). Alors le gode fait passer de la sexualité « naturelle » à la sexualité technique, technologique, ce qui bouleverse la frontière du même et de l’autre et ouvre cet espace « contra-sexuel » que ce livre énonce, dans une grammatologie qui dénaturalise les genres et contre-sexualise le dispositif phallocentrique et phallocratique. Ce livre mériterait un colloque. Il tombera sans doute sous le coup d’un diagnostic psy sans discussion : « perversion », ou peut-être même : « délire sexuel » ! Les philosophes y liront peut-être, quant à eux, de la philosophie mal digérée... Ce serait aller vite en besogne, là où l’auteur construit une conception défétichisée de la sexualité, très peu « perverse » à strictement parler. Le gode de Béatriz Preciado n’est pas fétichisé, ce n’est pas un fétiche qui suppléerait le phallus réduit au pénis manquant de la castration. Le gode n’est pas non plus (donc) un concept. Il est même plutôt une « blague ontologique »(sic). Et il n’est que la représentation d’une opération plus générale qui, elle, est une véritable opération de défétichisation, de détachement et de dissémination : le gode « occupe une place stratégique entre le phallus et le pénis » et « va agir comme un filtre et dénouer la prétention du pénis à se faire passer pour phallus » (p.62). En fait le gode ne précède pas ni n’annule la castration, qui n’est pas déniée : le gode détourne plutôt la castration et la défétichise en la retournant depuis son envers dédoublé: c’est une opération qui décrit ce à quoi appelait récemment Jacques Derrida : un au-delà de l’au-delà du principe de plaisir... Ce n’est plus l’anatomie qui est le destin, comme l’affirmait Freud, car l’anatomie en elle-même est seconde depuis cette table d’opération grammaticale qui la nomme et la prénomme. Et du même coup, le roc de la castration qui était la traduction symbolique de ce destin se trouve à son tour requestionné théoriquement, pratiquement et sexuellement, au profit d’une reconfiguration technologisée et en fait grammatologisée du corps et de sa jouissance. Le gode ne dénie pas, il désidère. Un sujet sans alibi Avant Freud, l’Homme restait muet devant Dieu-God dont il n’était que la copie difforme. Après Freud et Lacan, c’est Dieu qui est rendu muet, sous forme d’Autre barré et innommable mais ainsi subtilement restitué par un sans rapport qui l’absolutise et l’absout par un alibi inespéré : il est vain de prononcer le nom de l’Autre, insu. Or la scène de la sidération spéculaire s’est simplement déplacée avant et après la psychanalyse dans cette substitution du pénis au phallus, dans un dispositif maintenant finalement intact le phallus retotemisé. Le god(e) de B.Preciado désidère cette scène, en constituant la possibilité d’une relation d’objet où l’objet ne sert pas de prétexte à fétichisation, (ce n’est pas un « objet », justement) mais est au contraire l’occasion de défétichisation du sujet lui-même désanatomisé: la jouissance est défétichisante et désidérante, reconnue comme opération contra-sexuelle de détournement de ce qui se faisait passer pour naturel, sous la forme de la présence anatomique pleine (le pénis) ou de l’absence symbolique vide (le phallus). Ce god(e) ne restitue ni ne sauve aucun roi, aucune reine, aucune tête, aucun cap. Il n’assure plus aux lettres volées le retour à la place fétichisée d’un phallus rassuré et maintenu scellé : cet alibi réhabilité par un Dupin-analyste que le gode déshabilite et dissémine par cette opération grammatologique qui fictionnalise la lettre en la doublant d’elle-même : le gode, c’est la littérature. Et au fond, ce n’est pas seulement la prétention du pénis à se faire passer pour phallus que ce Manifeste dénoue. C’est bien pire : c’est la prétention du phallus à se faire passer pour le phallus, que le gode double, spectralise et décline d’une manière inouïe. Cela produit un renversement qui devrait intéresser tous les professionnels du secteur sanitaire et social, et, au-delà, tous ceux qui savent qu’ils ne sont pas tout ni maître de tout, et qui ne savent pas quoi faire d’autre de ça que de s’en désespérer ou s’en résigner : « La prothèse destinée dans un premier temps à pallier nos handicaps physiques génère des comportements complexes et des systèmes de communication par rapport auxquels nous sommes handicapés sans la prothèse. Par exemple, la machine à écrire a été inventée à l’origine pour les personnes aveugles, de manière à ce qu’elles aient accès à une écriture mécanique ; elle s’est vue par la suite généralisée comme une prothèse d’écriture qui a radicalement modifié nos manières de communiquer. Le handicap des non-voyants est si structurant dans la conception de la machine à écrire comme prothèse qu’il est devenu nécessaire pour tout un chacun d’apprendre à écrire sans regarder le clavier : il faut passer par l’expérience de la cécité pour accéder à l’utilisation de la prothèse. En d’autres termes, chaque développement technologique réinvente une « nouvelle condition naturelle » par rapport à laquelle nous sommes tous handicapés. Mieux encore, chaque nouvelle technologie recrée notre nature comme handicapé en relation avec une nouvelle activité qui demande à être supplémentée technologiquement. Les nouvelles technologies de reproduction in vitro (et peut-être bientôt hors utérus) par exemple ont été développées pour compenser une « déficience » perçue par rapport à la dite « reproduction sexuelle normale ». Au même moment, ces technologies génèrent tout un ensemble de mode de reproduction sans relations hétéro-sexuelles, qui pourraient transformer les formes d’incorporation de ce que nous continuons d’appeler, faute de mieux, les hommes et les femmes ». (p.120/121). Inouï : cette dialectisation du handicap différant plutôt que manquant, fait du handicap la trace d’un « dangereux supplément » à venir. L’humain est un handicapé sexuel. Son destin, c’est précisément de n’être pas tout anatomique : le désir et la vérité chez l’humain ne peuvent se fonder ni sur une naturalité que la technique vient démentir, ni sur une technique dont la grammaire ne peut jamais s’autoriser seulement d’elle-même, même chirurgicalement... A la place du handicap et de ce qui paraissait manque phallique vient une machine à écrire, sexuelle, contra-sexuelle, littéraire, qui ne se contente plus de laisser en souffrance le dos sur lequel l’écriture jouerait sans jouir, de s’écrire -révolutionnairement ?- : sans alibi ... Patrice Desmons-
12:25 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : lesbian-touch, lesbiennes, preciado, littérature, homosexualité, gay
20.06.2006
engagez vous!
Voici un lien vers des vidéos rigolotes mais aussi sérieuses et sur des sujets graves. Alors regarder et engager vous signez les pétititons!! faire un copier coller pour accéder.
http://www.freerangegraphics.com/html/gallery/flash_movies.html
13:00 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, syndicat, droit des hommes
guerilla girls
Partout dans le monde les lesbiennes s'organisent et sont très créatrices; voici le site des américaines révoltées et une illustration par BALTHUS
http://www.guerrillagirls.com/
09:52 Publié dans lesbienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lesbian-touch, lesbiennes, homosexualité
15.06.2006
l'amour
Pour Noël je veux un karcher, un lecteur dvd, des cd et des dvd, des livres lesbiens, et tout plein d’amour de mes proches mais ce dernier truc je l’ai déjà alors je veux juste que cela continue. Et je profite de ce message pour dire particulièrement merci à mes parents qui m’aiment plus que tout et qui ont su me le montrer quand j’en avais le plus besoin, quand toute ma vie était foutue et que je ne croyais plus en rien, ils ont su me rappeler que j’étais le fruit de leur amour et que j’étais humaine et vivante. Merci papa pour ton écoute et ton attention et tes paroles sages et parfois difficiles à entendre mais qui m’ont secouée dans le bon sens celui de la vie. Merci maman pour être là toujours avec moi et me dire que tu m’aimes parce que ton cœur et tes câlins ne mentent pas. Merci à mon frère et ma sœur qui a eu très peur de me perdre mais qui ont toujours une place très grande dans mon cœur. La famille avant je m’en foutais parce que je m’étais pas rendu compte que c’est beaucoup dans ma vie. Merci enfin à celles que j’aime. L’amour on m’en donne et j’en donne. C’est gratuit et cela rend heureux et fort.![]()
16:20 Publié dans bonheur, malheur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : amour, famille, relations, noel
